mercredi 21 janvier 2009

Un noir dans une maison blanche

La couleur de l'espoir serait-elle depuis ce matin le noir ?



Amazing Grace


A écouter : Mahalia Jackson, surnommée la "Reine du Gospel", magnifique chanteuse de Negro Sprirituals et Gospel. Magnifique voix, chaude, puissante et expressive



A écouter aussi : l'interview de Noam Chomsky sur l'élection d'Obama. Archives du Monde
http://www.lemonde.fr/archives/visuel/2009/01/16/noam-chomsky-regard-critique-sur-l-amerique_1142592_0.html

dimanche 18 janvier 2009

Jan Palach 40 ans après











Il y a 40 ans presque jour pour jour, en janvier 1969, Jan Palach, étudiant en philosophie, s'immolait par le feu à Prague pour protester contre la répression du printemps de Prague et la normalisation imposée par l'URSS. Son geste, réfléchi et revendiqué comme un acte politique et non comme un suicide désespéré avait alerté et bouleversé le monde entier et notamment la France de mes 6 ans, baignant dans l'euphorie de mai 68. Mes parents en avaient énormément parlé. Il fut un signe fort qui, après l'envoi des chars soviétiques en 1956 à Budapest et la répression du printemps de Prague contribua à fortement discréditer l'URSS et les communistes au sein de la gauche française.
Je ne sais pas bien comment nous pouvons encore concevoir un tel geste aujourd'hui après la chute du mur, la fin du communisme. Mais il me semble qu'en dehors de tout contexte historique, le courage et la détermination de ce tout jeune homme n'ont rien perdu de ce qu'ils recèlent de mystère, d'inconcevable, ni du goût violent de la liberté qu'ils exprimaient.

http://www.radio.cz/fr/article/112181
http://www.radio.cz/fr/article/112282
http://www.radio.cz/fr/article/112058
http://www.radio.cz/fr/article/112057

jeudi 15 janvier 2009

Voici la mort du ciel

Photo de Mohammed Salem, Reuters


Amnesty International a précisé dans un communiqué du 8 janvier 2009 qu'à Gaza depuis le début de l'offensive les combattants des deux camps israéliens et palestiniens utilisent les civils comme bouclier humain.


... Voici la mort du ciel en l'effort douloureux
Qui lui noircit la bouche et fait saigner les yeux.
Le Ciel gémit d'ahan ; tous ses nerfs se retirent ;
Ses poumons près à près sans relâche respirent.
Le Soleil vêt de noir le bel or de ses feux ;
Le bel oeil de ce monde est privé de ses yeux.
L'âme de tant de fleurs n'est plus épanouie ;
Il n'y a plus de vie au principe de vie.
Et, comme un corps humain est tout mort terrassé
Dès que du moindre coup au coeur il est frappé,
Ainsi faut que le monde et meure et se confonde
Dès la moindre blessure au Soleil, coeur du monde.
La Lune perd l'argent de son teint clair et blanc,
La Lune tourne en haut son visage de sang ;
Toute étoile se meurt ; les prophètes fidèles
Du Destin vont souffrir éclipses éternelles ;
Tout se cache de peur ; le feu s'enfuit dans l'air,
L'air en l'eau, l'eau en terre ; au funèbre mêlé
Tout beau perd sa couleur ; et voici tout de mêmes
A la pâleur d'en haut tant de visages blêmes
Prennent l'impression de ces feux obscurcis,
Tels qu'on voit au fourneau paraître les transis.
Mais plus, comme les fils du ciel ont au visage
La forme de leur chef, de Christ la vive image,
Les autres de leur père ont le train et les traits,
Du prince Belzebud véritables portraits.
A la première mort ils furent effroyables,
La seconde redouble, où les abominables
Crient aux monts cornus : " Ô Monts, que faites-vous ?
Ebranlez vos rochers et vous crevez sur nous ;
Cachez-nous, et cachez l'opprobre et l'infamie
Qui, comme chiens, nous met hors la cité de vie ;
Cachez-nous pour ne voir la haute majesté
De l'Agneau triomphant sur le trône monté. "


... Ô enfants de ce siècle, ô abusés moqueurs,
Imployables esprits, incorrigibles coeurs,
Vos esprits trouveront en la fosse profonde
Vrai ce qu'ils ont pensé une fable en ce monde.
Ils languiront en vain de regret sans merci.
Votre âme à sa mesure enflera de souci.
Qui vous consolera ? L'ami qui se désole
Vous grincera les dents au lieu de la parole.
Les Saints vous aimaient-ils ? Un abîme est entre eux ;
Leur chair ne s'émeut plus, vous êtes odieux.
Mais n'espérez-vous point fin à votre souffrance ?
Point n'éclaire aux enfers l'aube de l'espérance.
Dieu aurait-il sans fin éloigné sa merci ?
Qui a péché sans fin souffre sans fin aussi.
La clémence de Dieu fait au ciel son office,
Il déploie aux enfers son ire et sa justice.
Mais le feu ensoufré, si grand, si violent,
Ne détruira-t-il pas les corps en les brûlant ?
Non, Dieu les gardera entiers à la vengeance.

... Transis, désesperés, il n'y a plus de mort
Qui soit pour votre mer des orages le port.
Que si vos yeux de feu jettent l'ardente vue
A l'espoir du poignard, le poignard plus ne tue.
Que la mort (direz-vous) était un doux plaisir
La mort morte ne peut vous tuer, vous saisir.
Voulez-vous du poison ? en vain cet artifice.
Vous vous précipitez ? en vain le précipice.
Courez au feu brûler, le feu vous gèlera ;
Noyez-vous, l'eau est feu, l'eau vous embrasera ;
La peste n'aura plus de vous miséricorde ;
Etranglez-vous, en vain vous tordez une corde ;
Criez après l'enfer, de l'enfer il ne sort
Que l'éternelle soif de l'impossible mort.
Vous vous plaigniez des feux : combien de fois votre âme
Désirera n'avoir affaire qu'à la flamme !
Vos yeux sont des charbons qui embrasent et fument,
Vos dents sont des cailloux qui en grinçants s'allument.
Dieu s'irrite en vos cris et au faux repentir,
Qui n'a pu commencer que dedans le sentir.
Ce feu, par vos côtés ravageant et courant,
Fera revivre encor ce qu'il va dévorant ;
Le chariot de Dieu, son torrent et sa grêle,
Mêlent la dure vie et la mort pêle-mêle.
Aboyez comme chiens, hurlez en vos tourments,
L'abîme ne répond que d'autres hurlements ;
Les Satans découplés d'ongles et dents tranchantes
Sans mort déchireront leurs proies renaissantes ;
Ces Démons tourmentants hurleront tourmentés ;
Leurs fronts sillonneront ferrés de cruautés ;
Leurs yeux étincelants auront la même image
Que vous aviez baignants dans le sang du carnage ;
Leurs visages transis, tyrans, vous transiront,
Ils vengeront sur vous ce qu'ils endureront.
Ô malheur des malheurs, quand tels bourreaux mesurent
La force de leurs coups aux grands coups qu'ils endurent !...

Th. Agrippa d'Aubigné, Les Tragiques

mardi 13 janvier 2009

Schubert / Brendel

Sonate en la majeur, D.959, Middle Temple, Londres, 1988

DVD, Phillips, 1988 dans lequel Brendel interprète
magnifiquement les trois sonates D. 958, D. 959 et D. 960.


1er mvt, Allegro-1



1er mvt, Allegro-2


2ème mvt, Andantino


3ème mvt, Scherzo


4ème mvt, Rondo-1


4ème mvt, Rondo-2

dimanche 11 janvier 2009

Nous y sommes. Fred Vargas.

Nous y sommes

Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes.
Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance.
Nous avons chanté, dansé.
Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine.
Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.
On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.
Franchement on s'est marrés.
Franchement on a bien profité.
Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.
Certes.
Mais nous y sommes.
A la Troisième Révolution.
Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.
Oui.
On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis.
C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.
La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets.
De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau.
Son ultimatum est clair et sans pitié :
Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse).
Sauvez-moi, ou crevez avec moi.
Evidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux.
D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec la croissance.
Peine perdue.
Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, – attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille – récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés).
S'efforcer. Réfléchir, même.
Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.
Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.
Pas d'échappatoire, allons-y.
Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante.
Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible.
A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie –une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut-être.
A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.
Fred Vargas
Archéologue et écrivain

lundi 5 janvier 2009

Charleston-Bonne année 2009 !!!


Pour se réchauffer par ce grand froid et commencer 2009 dans la gaieté, le charleston se danse tout seul, à deux ou plus et à peu près partout. Dans sa salle de bain (pas trop petite quand même la salle de bain), dans son jardin et même dans le métro ou sur le toit de sa voiture dans les embouteillages. Ne pas oublier surtout la robe, les talons et le chapeau cloche.




Chap. 1 : petit cours




Chap 2 : pour les puristes et les avancés,
ne pas confondre avec le quickstep !!!

vendredi 2 janvier 2009

The House of Rising Sun





There is a house in New Orleans
They call the Rising Sun.
It's been the ruin of many a poor girl,
And me, O God, I'm one.

If I had listened to what Mamma said,
I'd 'a' been at home today.
I was young and foolish, O God ,
Let a rambler lead me astray.

Go tell my baby sister
Not to do what I have done
To shun that house in New Orleans
They call the Rising Sun.

[My mother she's a tailor;
She sold those new blue jeans.
My sweetheart, he's a drunkard, Lord, Lord,
Drinks down in New Orleans.

The only thing a drunkard needs
Is a suitcase and a trunk.
The only time he's satisfied
Is when he's on a drunk.

Fills his glasses to the brim,
Passes them around
Only pleasure he gets out of life
Is hoboin' from town to town.

One foot is on the platform
And the other one on the train.
I'm going back to New Orleans
To wear that ball and chain.]

Going back to New Orleans,
My race is nearly run.
And going back to spend my life
Beneath that Rising Sun.